Légendes et Mythologie


Enoiseuses chez un marchand de noix de Belves - photo prise par Antoine Carcenac


Dans le temps les anciens disaient qu'il ne fallait pas se reposer à l'ombre d'un noyer sous peine de ne pas se réveiller. Cette superstition était liée à la croyance de la sécrétion par les racines du noyer d'une substance toxique qui faisait périr tout ce qui pouvait pousser en dessous. En fait on risquait seulement de s'enrhumer ou d'attraper une pneumonie en passant du chaud au froid c'est pourquoi on relégua les noyer à l'écart des autres cultures. Napoléon ne partageait pas cette croyance populaire. Pensant à ces troupes qui restaient plus vaillantes lorsqu'elles se déplaçaient à l'ombre, il promulgua un décret qui fixait les distances à respecter lors de l'implantation des noyers au bord des routes.

Chaque noyer a ses sorcières mais il n'est pas donné à tous de les voir !!! Il faut faire pour cela une promenade en solitaire le soir de la Saint Jean.

Les sorcières offrent le diable aux enfants gourmands, caché dans une noix, devenue alors une friandise empoisonnée.

On prétend aussi que le noyer servait de "salon des dames" pour des sorcières qui tenaient régulièrement leur conciliabule dans le feuillage.

Le "dénoisillage" ou "énoisage" de nos jours, a toujours été au coeur de la tradition populaire. Près du "Cantou", les longues veillées passées à casser les noix et extraire le cerneau ponctuées de chants et de contes ont nourri la mémoire collective du Périgord. Considérée souvent comme un porte bonheur ou symbole d'abondance et de fécondité, la noix est à l'origine d'innombrables légendes. Lors de ces veillées, alors qu'ils échangeaient des mots doux sous couvert des paroles du conteur animant la soirée, les gars faisaient cadeau d'une toute petite noix "lou cac alou" à leur promise. Si par la suite cette dernière la cassait, c'était la rupture annoncée.

Parce qu'elle était un fruit bien protégé par sa coquille et ses différentes enveloppes, la noix était un symbole religieux dans les noces, célébrées ainsi sous les auspices de Jupiter.

De nombreux mariages étaient contractés sous les lancers de noix qui apportaient aux époux la protection (coquille) et l'entente (les époux seraient unis comme les coquilles d'une noix).

A l'époque préhellénique, en Crète surtout, le culte des arbres était le pilier de la civilisation. L'arbre avait une âme, manifesté parfois par un Dieu, le plus souvent une Déesse.

Dans la mythologie grecque, on rapporte que le roi de Laconie, Dion, avait 3 filles: Carya, Orphée et Lyco. Chacune d'entre elles jouissait du don de prophétie à condition qu'elles ne trahissent jamais les Dieux et qu'elles ne cherchent pas à savoir ce qui ne les concernait point. Dionysos s'éprit de la plus jeune fille du roi de Laconie, Carya, qui se laissa séduire. Ses soeurs, jalouses, la dénoncèrent au roi Dion qui, pour les punir de leur jalousie, les transforma en rochers. Le chagrin, la honte et le repentir entrainèrent la mort de Carya. Les autres divinités, touchées du repentir de Carya, la changèrent en noyer fécond. La nouvelle parcourut le pays de Laconie et le peuple ému, décida de construire un temple dédié à Artémis Caryatis. Pour soutenir le chapiteau, ils érigèrent des colonnes en noyer, taillées selon les formes sculpturales de la belle Carya, baptisées les Cariatides. Les Cariatides ont survécu aux temps, immortalisées dans la pierre qui soutient le chapiteau de l'Erechthéion sur l'acropole d'Athènes.



Article ajouté le 2007-10-04 , consulté 134 fois

Commentaires



Poster un commentaire





http://





Merci de recopier le nombre présent à gauche dans la case de texte ci-dessous ( Pourquoi ? )





Liens

Voir les articles de la catégorie " LA NOIX DU PERIGORD (AOC) "

Imprimer cet article

Retour aux articles